• Céline KEMPF

Miroir, mon beau miroir... mais rattrape-là donc !


Aimez-vous apprendre avec des histoires "parlantes" et que tout le monde peut comprendre à son niveau ?

Oui ?

Super, parce qu’aujourd’hui j’aimerais vous proposer une petite histoire tirée d’une lecture (que j’avais trouvée décapante et rafraîchissante) pour l'illustration et la compréhension de ce à quoi contribuent nos neurones miroirs,... mais pas que ! Avec l’enthousiasme de ma curiosité joyeuse, je me demande d’ailleurs tout ce que vous pourrez trouver de rafraîchissant et décapant, dans cette histoire particulièrement, pour dépoussiérer vos idées et vos schémas intégrés de pensée :o).

Neurones miroirs avec le sourire en moins de deux minutes

"Journal du mouvement du monde n°3

Mais rattrape-la donc !

[...] Et cet après-midi, j'ai vu un mouvement du monde intéressant : un concours de plongeons. En fait, plusieurs concours. C'était une rétrospective du championnat du monde de la discipline. Il y avait des plongeons individuels avec des figures imposées ou des figures libres, des plongeons hommes ou femmes mais surtout, ce qui m'a bien intéressée, c'était des plongeons à deux. En plus de la prouesse individuelle avec tout un tas de vrilles, de saltos et de retournements, il faut que les plongeurs soient synchrones. Pas à peu près ensemble, non : parfaitement ensemble, au millième de seconde près.

Le plus rigolo, c'est quand les plongeurs ont des morphologies très différentes : un petit trapu avec un grand filiforme. On se dit : ça ne va pas coller, en terme de physique, ils ne peuvent pas partir et arriver en même temps mais ils y arrivent, figurez-vous.

Leçon de la chose : dans l'univers, tout est compensation. Quand on va moins vite, on pousse plus fort. Mais là où j'ai trouvé de quoi alimenter mon Journal, c'est quand deux Chinoises se sont présentées sur le plongeoir. Deux déesses longilignes avec des tresses noires luisantes et qui auraient pu être des jumelles tellement elles se ressemblaient, mais le commentateur a bien précisé qu'elles n'étaient même pas sœurs. Bref, elles sont arrivées sur le plongeoir et là, je pense que tout le monde a dû faire comme moi : j'ai retenu mon souffle.

Après quelques impulsions gracieuses, elles ont sauté. Les premières microsecondes, c'était parfait. J'ai ressenti cette perfection dans mon corps ; il paraît que c'est une affaire de "neurones miroirs" : quand on regarde quelqu'un faire une action, les mêmes neurones que ceux qu'ils activent pour le faire s'activent dans notre tête, sans qu'on fasse rien. Un plongeon acrobatique sans bouger du canapé et en mangeant des chips : c'est pour ça qu'on aime regarder le sport à la télé. Bref, les deux grâces sautent et, tout au début, c'est l'extase. Et puis, horreur ! On a tout d'un coup l'impression qu'il y a un très très très léger décalage entre elles. On scrute l'écran, l'estomac serré : pas de doute, il y a un décalage. Je sais que ça paraît fou de raconter ça comme ça alors que le saut ne doit pas durer plus de trois secondes au total, mais justement parce qu'il ne dure que trois secondes, on en regarde toutes les phases comme si elles duraient un siècle. Et voilà que c'est évident, on ne peut plus se voiler la face : elles sont décalées ! L'une va entrer dans l'eau avant l'autre ! C'est horrible !

Je me suis retrouvée à crier à la télévision : mais rattrape-la, rattrape-la donc ! J'ai senti une colère incroyable envers celle qui avait lambiné. Je me suis renfoncée dans le canapé, dégoûtée. Alors quoi ? C'est ça le mouvement du monde ? Un décalage infime qui vient de pourrir pour toujours la possibilité de la perfection ? J'ai passé trente minutes au moins dans une humeur massacrante. Et puis soudain, je me suis demandé : mais pourquoi est-ce qu'on voulait tellement qu'elle la rattrape ? Pourquoi est-ce que ça fait si mal quand le mouvement n'est pas synchrone ? Ce n'est pas très dur à deviner : toutes ces choses qui passent, que nous manquons d'un iota et qui sont ratées pour l'éternité... Toutes ces paroles que nous aurions dû dire, ces gestes que nous aurions dû faire, ces kairos fulgurants qui ont un jour surgi, qu'on n'a pas su saisir et qui se sont enfoncés pour toujours dans le néant... L'échec à un pouce près... Mais c'est surtout une autre idée qui m'est venue, à cause des "neurones miroirs". Une idée troublante, d'ailleurs, et sans doute vaguement proustienne (ce qui m'énerve). Et si la littérature, c'était une télévision dans laquelle on regarde pour activer ses neurones miroirs et se donner à peu de frais les frissons de l'action ? Et si, pire encore, la littérature, c'était une télévision qui nous montre tout ce qu'on rate ?

Bonjour le mouvement du monde ! Ça aurait pu être la perfection et c'est le désastre. Ça devrait se vivre vraiment et c'est toujours une jouissance par procuration.

Alors je vous le demande : pourquoi rester dans ce monde ?"

L'élégance du hérisson_Muriel Barbery

Et vous, y'a-t-il quelque chose que vous cherchez à rattraper ? Pourquoi choisissez-vous de rester dans ce monde ? Comment réagissez-vous quand vous vous surprenez en flagrant délit d’imperfection ? Quelle(s) stratégie(s) mettez-vous en œuvre pour faire face à vos manquements et plus largement pallier au manque et à la frustration ?

Je vous laisse retourner à vos occupations, pendant qu’une partie de votre cerveau peut continuer à dépoussiérer vos idées sur la question... ;o).

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Céline

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